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Analyses31 août 2026

Leonida n'est pas juste une nouvelle Vice City : Rockstar semble avoir changé d'échelle

Douze ans. Ça fait douze ans qu'on roule dans les mêmes rues de Los Santos, qu'on traverse Blaine County pour la quatre-millième fois, qu'on croise Cletus et toutes sortes de « sans-dents » là-bas et qu'on connaît probablement mieux certains raccourcis de GTA V que ceux de notre propre ville.

Alors forcément, quand Rockstar a confirmé le retour de Vice City, on aurait presque pu s'arrêter là.

Soleil, plages, palmiers, néons, grosses cylindrées et Floridiens manifestement pas toujours équipés pour prendre de bonnes décisions : on était à la maison.

Sauf que GTA VI ne semble pas vouloir être simplement « GTA Vice City, mais trente ans plus tard, avec davantage de polygones et des grosses fesses partout parce que le BBL, ça nous gagne ».

Rockstar parle désormais de Leonida, un État entier dont Vice City n'est finalement que l'une des destinations. Et plus les images officielles s'accumulent, plus une chose devient évidente : la véritable nouveauté de GTA VI pourrait ne pas être la taille de sa ville, mais la diversité du monde qui existe autour.

Parce qu'entre les gratte-ciel de Vice City, les eaux turquoise des Keys, les marécages de Grassrivers, l'Amérique nettement moins glamour de Port Gellhorn, les terres industrielles d'Ambrosia et les reliefs de Mount Kalaga, on commence à être assez loin du simple aller-retour entre Los Santos et Sandy Shores. Rockstar a d'ailleurs publié des séries de screenshots spécifiques pour chacune de ces régions, et il y en a qui font rêver !

Et si la vraie « star » de GTA VI n'était finalement ni Lucia, ni Jason, ni même Vice City ?

Et si c'était Leonida ?

Vice City : la star qui refuse de céder sa place

Évidemment, commençons par elle.

Vice City reste le visage de GTA VI. C'est elle qu'on retrouve sur les premières images, elle qui apporte immédiatement cette identité faite de plages, de palmiers, de verticalité et de nuits éclairées au néon.

Mais quelque chose change par rapport à Los Santos.

Vice City ne semble plus devoir porter toute la carte sur ses épaules.

Dans GTA V, quitter Los Santos signifiait essentiellement partir vers Blaine County, ses petites villes, ses salopettes, ses tracteurs, son désert, ses alcooliques et ses montagnes. C'était efficace, parfois magnifique, mais la rupture était extrêmement nette : la grande métropole d'un côté, le reste de la carte de l'autre.

Leonida semble vouloir multiplier ces ruptures.

Les Leonida Keys : vacances, trafic et hydravions

Et c'est probablement l'exemple le plus évident.

Quelques kilomètres suffisent visuellement pour passer des tours de Vice City à une succession d'îles reliées par d'immenses ponts, avec bateaux, marinas, végétation tropicale et hydravions.

C'est toujours Leonida. Pourtant, on pourrait presque croire qu'on vient de changer de jeu.

Et ce changement n'est pas seulement esthétique. Jason lui-même est directement lié aux Keys : Rockstar explique qu'il s'y est retrouvé à travailler pour des trafiquants locaux, tandis que Brian Heder continue d'y faire tourner ses activités depuis son chantier naval.

Autrement dit, ces régions ne semblent pas être là uniquement pour faire de jolies captures d'écran.

Elles ont leurs habitants, leurs activités et probablement leurs propres emmerdes.

Grassrivers : parce qu'il fallait évidemment mettre des alligators quelque part

Là, on quitte complètement la carte postale.

Marécages, végétation dense, immensités humides et faune locale : Grassrivers semble être la réponse de Rockstar aux Everglades.

Et c'est là que la notion d'État commence réellement à prendre du sens.

Parce que si GTA VI réussit à faire en sorte qu'un trajet depuis le centre de Vice City jusqu'aux marécages donne réellement l'impression de quitter progressivement la civilisation, la taille brute de la carte deviendra presque secondaire et le sentiment de réellement voyager pourrait être poussé vers quelque chose qu'on n'a encore jamais connu en jouant.

Ce qui compte, ce n'est pas forcément d'avoir plus de kilomètres carrés.

C'est d'avoir davantage de raisons de vouloir les parcourir.

Port Gellhorn : Leonida n'a pas que des Lamborghini

Et heureusement.

Parce qu'un État composé uniquement de villas avec piscine, de clubs, de mannequins sur Ocean Beach et de meufs prêtes à encaisser du caca de millionnaire sur le torse, ça deviendrait assez rapidement insupportable.

Port Gellhorn semble montrer une autre facette de Leonida : plus populaire, plus usée, volontairement moins photogénique.

Et c'est probablement essentiel.

GTA n'a jamais seulement caricaturé des villes. La série caricature surtout les gens qui les habitent et les écarts qui les séparent. Et à l'heure d'aujourd'hui, où le monde est devenu une vaste caricature de ce qu'il est réellement, je pense qu'on va en prendre plein la tronche sur GTA VI.

Vice City peut montrer l'argent.

Port Gellhorn peut montrer ceux qui le regardent passer.

Ambrosia : l'envers industriel du paradis

Ambrosia pousse encore le contraste ailleurs.

Après les plages, les gratte-ciel et les marécages, Rockstar nous emmène vers une Leonida industrielle et rurale.

Et ça paraît presque anecdotique jusqu'à ce qu'on réalise ce que Rockstar est en train de faire : chaque nouvelle région semble exister pour casser visuellement celle qu'on vient de quitter.

Ville → îles → marécages → petites villes → industrie.

Et puis Rockstar a décidé que ce n'était manifestement toujours pas suffisant.

Mount Kalaga : attendez… on part vraiment là-haut ?

C'est probablement la région qui m'intrigue le plus.

Parce que lorsqu'on pense à un GTA inspiré de la Floride, les montagnes ne sont pas exactement le premier truc qui vient à l'esprit. Pourtant, le mont Chiliad m'avait déjà mis une claque en 2013.

Rockstar présente officiellement Mount Kalaga National Park parmi les destinations de Leonida et lui consacre plusieurs screenshots et son propre artwork.

Et sa présence change énormément la perception du monde.

Tout à coup, GTA VI ne ressemble plus simplement à une immense reproduction fantasmée du sud de la Floride. Leonida devient une version condensée et caricaturale d'un territoire beaucoup plus vaste, où Rockstar peut prendre les libertés nécessaires pour multiplier les environnements.

Et tant mieux.

Je préfère largement une Leonida géographiquement un peu douteuse mais passionnante à parcourir qu'une Floride parfaitement reproduite où le plus grand dénivelé serait une rampe de parking.

Plus grand ? On s'en fout. Plus dense ? C'est surtout ça qui compte.

Et c'est là qu'il faut faire attention.

Rockstar n'a pas besoin de nous promettre « la plus grande carte de l'histoire de GTA » pour que Leonida représente un changement d'échelle.

Parce que l'échelle ne se mesure pas uniquement en kilomètres carrés.

Elle peut venir du nombre d'environnements. Des villes. Des personnages. Des activités. De la manière dont les populations changent lorsque l'on traverse la carte.

GTA V possédait déjà un monde immense.

Mais après quelques centaines d'heures, Blaine County pouvait parfois donner cette impression étrange : énormément d'espace pour finalement assez peu de raisons d'y rester.

C'est précisément ce que GTA VI doit éviter.

Si Port Gellhorn possède réellement sa propre vie, si les Keys ont leurs activités, si Grassrivers possède sa faune et ses rencontres, si Mount Kalaga donne une vraie raison de partir plusieurs heures loin de Vice City, alors Rockstar n'aura pas simplement construit une carte plus grande.

Ils auront construit plusieurs petits mondes à l'intérieur du même.

Vice City sera peut-être le cœur. Leonida pourrait être tout le reste.

On retournera probablement toujours à Vice City.

C'est là que seront les lumières, les clubs, les voitures hors de prix, probablement une quantité absolument déraisonnable de mauvaises décisions et de mauvaises activités.

Mais pour la première fois depuis longtemps, j'ai presque davantage envie de voir ce qui se trouve au bout de la route que ce qui m'attend au milieu de la ville.

Parce que Vice City est déjà une promesse que Rockstar nous avait faite il y a plus de vingt ans.

Leonida, elle, est encore totalement inconnue.

Et c'est peut-être là que GTA VI a réellement changé d'échelle.

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